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Forum Brumaire - L\'Appel au Peuple Administrateurs :Bureau National France Bonapartiste
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Auteur : Sujet: Bonapartisme et extrème droite...  Bas
 Bureau National France
Bonapartiste

 Administrateur
 Messages postés : 396
  Posté le 03/03/2006 13:58:24
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En 1982, puis plus pret de nous, René Rémond distinguait trois droites : orléaniste, légitimiste et bonapartiste. Cependant, on peut s'interroger sur la position du bonapartisme. Est-il de droite, de gauche, du centre ou "d'ailleurs" ?

  • A droite sans doute si l'on ne retient que les notions d'ordre, d'autorité, de monarchie, de croyance en un homme ( ou une dynastie ) providentiel...
  • A gauche si l'on s'applique à analyser son programme économique et social, si l'on songe que ses références sont essentiellment tournées en direction de la Révolution de 1789, voire si l'on comprend que le bonapartisme ( hormis sans doute le cas de l'Appel au peuple après Sedan ) est plus révolutionnaire que réellement conservateur !
  • Au centre enfin si l'on pense que le bonapartisme rêve de réconciliation nationale, qu'il ne se sent ni de gauche ni de droite, qu'il récuse ces termes et ces politiques au profit d'un vaste Rassemblement des Français autour d'un idéal commun, d'une vision "trans-partisane" de la société.

Les deux expérience gouvernementale du bonapartisme sont concordantes : Napoléon 1er et son neuveu Napoléon III ont cherché ( et souvent réussi ) à rallier à eux d'irréductibles adversaires. Dès novembre 1799, le premier consul souhaite associer, à son oeuvre de renouveau, les jacobins, les royalistes, les républicains sincères, les régicides et ceux qui espéraient le retour de l'ordre, de la religion. De même Napoléon III saura s'entourer d'orléanistes, de républicains avancés, d'hésitants... Unissant les modérés de tous horizons idéologiques, les 2 empires ont rejeté dans l'opposition les solutions extrémistes.

Toutefois, le bonapartisme a aujourd'hui la réputation d'êtrede droite voire d'extrème droite. Les observateurs extérieurs semblent négliger l'aspect social et populaire du  courant plébiscitaire. Mais cet état n'est-il pas la conséquence des quelques dirigeants ( ou militants ) bonapartistes qui ont dérivé vers des positions extrémistes ?

Si le bonapartisme n'est ni de droite, ni de gauche, ni même du centre, il est manifeste que certains de ses partisans peuvent être assimiliés à l'extrème droite.

Les raisons sont multiples :

  • avec l'installation d'une quatrième dynastie, une partie des napoléoniens a abandonné l'un des éléments du bonapartisme - l'appel au peuple, les Français choisissant par référendum le chef de l'Etat - pour ne retenir que l'aspect monarchique du régime.
  • les plus autoritaires se sont surtout penchés sur la défense de l'ordre et de la morale au détriment des autres points de la doctrine impériale.
  • les plus "socialistes", ceux qui croyaient surtout aux réformes sociales dues à Napoléon III, ceux qui luttaient pour l'extinction du paupérisme, ont parfois dérivé vers le fascisme après 1930 en oubliant un peu vite que le bonapartisme refusait tout extrémisme.

Trois parcours différents. Trois motivations que l'on retrouvera après 1870 ( et essentiellement après la mort du Prince Impérial ) quand les partis royalistes vont voir venir à eux quelques partisans de Napoléon III ; dans les années 30 quand des responsables et militants des comités plébiscitaires vont participer à l'expérience fasciste et enfin depuis 1984 avec l'émergence du Front National.

Autrefois, les mouvements gaullistes apparaissaient largement plus "bonapartistes" qu'aujourd'hui : le RPF de 1947 n'avait pas d'orientation de droite, était plus populaire, plus social, plus rassembleur, moins "politique" que le RPR de 1981 ( et bien sur que l'UMP de nos jours ). Or après 1984 ( et encore aujourd'hui malgrès la naissance du MPF )qui récupère cette image sinon le Front National ? Hormis une vision "raciste" de l'humanité, un antisémitisme latent, un extrémisme irrémédiable ; hormis un personnel "douteux" ( anciens collaborateurs, anciens des mouvements néo-fascistes ), le FN pourrait être classé parmi les héritiers du bonapartisme.

Notons immédiatement que ces quelques points de divergences sont trop important pour être comblés. Nulle trace de xénophobie ou d'antisémitisme dans le bonapartisme, au contraire, nous pourrions y déceler plusieurs indicies opposés. Pour toutes ces raisons, le Front National ne peut prétendre à une quelconque filiation avec le bonapartisme.

A l'heure ou certains proches du bonapartisme se laissent tenter par cette renaissance nationaliste, par cette récupération, il est necessaire d'en apporter un début d'explication. Pourquoi des sympathisants bonapartistes ont-ils dérivés vers une pensée politique qui n'est pas la leur ?

Plusieurs raisons peuvent être avancées :

  • Méconnaissance de la doctrine impériale. Les soi-disant bonapartistes ne retenant du bonpartisme que quelques points particuliers ( aspect autoritaire du régime, foi en un système monarchique, ... ) au détriment d'un vaste ensemble formant "l'idéologie napoléonienne". Ainsi, des organisations ont pu fort hypocritement se poser en héritier des deux empereurs ( en utilisant parfois des arguments bonapartistes, sur l'appel au peuple par exemple, un vocabulaire ou des symboles non dépourvus de références napoléoniennes ). Détournement du passé ? Sans doute si l'on considère que ces instruments sont mis au service d'un programme qui s'éloigne très nettement des pensées bonapartistes.
  • Absence de mouvement bonapartiste actif, puissant et reconnu. Cela explique que certains aient trouvé au RPF, dans l'UNR puis le RPR ( et maintenant l'UMP pour certains )les structures d'accueil qu'ils recherchaient. Après 1984 ( et encore de nos jours avec aussi le MNR ), le Front National s'impose sur la scène politique française, puisant ses premiers cadres dans les rangs gaullistes. Parmi eux,une frange de bonapartistes de coeur qui ne reconnaissent plus dans le parti chiraquien les thèmes favoris du pur gaullisme ( participation des salariés, progrès social, rassemblement des citoyens au delà de l'axe gauche/droite... ). Dès lors, le FN leur semblait plus adéquat. La naissance du MPF semble avoir quelque peu fait changer certains bonapartistes mais le détournement est toujours là...

Les solutions à ce phénomène ???

Comme souvent, il faut démystifier le progamme lepéniste. Au lieu de s'attaquer aux hommmes du FN, il serait sans doute préférable d'indiquer aux bonapartistes les failles du programmes frontiste, de faire remarquer que comme le PCF ou l'extrème gauche, l'accumulation de propositions ne conduirait qu'à une faillite de la France.

Pour les bonapartistes restaient fidèles aux idées napoléoniennes, il est de leur devoir d'informer les napoléoniens et les bonapartistes "perdus" sur les différences existant entre le discours nationaliste, parfois raciste, faussement populiste tenu par l'extrème droite et les idées prônées par les deux Empereurs qui firent rayonner le nom de notre pays par delà nos frontières.

De telles actions ne sont pas aiser à mener. Avant tout, il serait souhaitable qu'un "puissant" mouvement bonapartiste s'impose afin d'éviter toute dérive de napoléoniens ou bonapartistes tentés par les mouvements de la droite radicale. Ne se sentiraient-ils pas mieux au sein d'un véritable mouvement défendant les valeurs dont ils se réclament ?

Il serait aussi souhaitable que certains, se réclamant du bonapartisme, fassent attention à leurs propos ou à leurs écrits qui discréditent le bonapartisme...

 Reichstadt
 Messages postés : 269
  Posté le 03/03/2006 16:23:23
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Il est bon de recadrer le bonapartisme, pour ma part il se doit d'etre au dessus des partis donc si il fallait etre manichéen je retiendrais la dernière définition celle du "centre" avec une petite dose révolutionnaire tout de meme vu que la France est bien engluée dans sa médiocrité et ses corporatismes qui otent tout espoir de renouveau de notre pays.

Salutations respectueuses.

 Lannes
 Messages postés : 1381
  Posté le 04/03/2006 00:19:26
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Le centre pourrait être l'endroit ou tout le monde se rejoint, où il serait enfin possible de s'accorder en tirant ce qu'il y a de mieux du plus profond de chacun des deux bords.

C'était l'argument officiel de VGE, du temps de sa gloire, mais quand sa propre famille siège dans tous les conseils d'administration des grandes boites de l'industrie et de la finance c'était quasiment se moquer du monde.

C'est aussi un objectif inavoué de personnalités dites de gauche désirant faire se rejoindre une partie de l'électorat progressiste mais frileuse d'une part et celle qui affectionne un certain immobilisme, plutôt qu'un conservatisme politiquement incorrect, mais penchant tout de même pour une sorte d'humanisme d'autre part.

Je pense comme vous quand vous dites au "dessus des partis" mais cette expression fut galvaudée toujours par le même Giscard quand il décrivait la situation du président de la république.

Napoléon qui affirmait "terminer" la révolution l'a sauvée et propagée. L'empereur de la république a réconcilié les Français grâce à son talent naturel, extraordinaire. Il n'a pas pour autant inventé un "centre consensuel" de la politique française. Il a su créer une sorte d'unanimité en réunissant en sa personne la puissance, l'ambition des plus grands rois que la France ait connus et la légitime aspiration d'un peuple qui émergeait.

On ne peut plus aujourd'hui, malheureusement, que s'inspirer du grand homme, il n'est plus maintenant qu'au centre de notre légende nationale, j'oserais dire de l'histoire de notre planète.
Essayer de situer politiquement ce qui n'est que la survivance de son influence me parait impossible.

L'autorité, quasi-divine, qu'il exerçait a permis d'imposer des réformes inouïes pour l'époque sur lesquelles des siècles de bavardages centristes n'auraient jamais débouché.

Accepterions-nous de nos jours qu'un homme prétende à lui seul dicter à tout un peuple, à présent bien plus instruit et sur-informé, ce qu'il pense, lui être bon pour la nation ?
Il a su créer plus qu'un mouvement, un cataclysme dont il ne subsiste apparemment en politique qu'un vague sillage.

Maintenant quelques hommes rêvent, non pas de remonter le temps mais de faire renaître une dynamique, encore ancrée dans le coeur si ce n'est dans l'esprit de tout un peuple, de tout un monde.
En ce sens, le point de jonction de cette espérance encore bien dispersée ne peut se situer qu'au centre de ce qui fut la Grande Nation mais pas au centre l'éventail politique actuel.

Bonne journée.

 Mickaelus
 Messages postés : 848
 Si tout se vaut, plus rien ne vaut
 Mickaelus
  Posté le 07/03/2006 17:18:30
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Personnellement je vois le bonapartisme comme une droite pragmatique et sociale à la fois (d'ailleurs on fait souvent le même sort au gaullisme), surtout pas au centre d'ailleurs, car Napoléon était un rassembleur mais autour d'idées auxquels il fallait adhérer. Il n'était pas l'Empereur des jacobins ni celui des nobles, d'Empire ou ancienne façon, mais il a incarné la France, par-dessus tout ce qui existait alors. Il a géré en homme d'action et de génie toute une nation, et instauré un ordre qu'il a voulu tenter de conserver par l'institution monarchique. Donc d'une certaine manière pour moi la logique n'est pas tant horizontale, sur l'axe gauche-droite, que verticale, comme s'il fallait que ce soit le mérite qui gouvernât. Pas d'extrêmes ni d'idéologie - pas de socialisme, pas même chez Napoléon III qui s'il a pris des mesures sociales a aussi modernisé l'économie -, mais une politique toute tournée vers l'action.

En ce qui concerne les points avancés pour définir les bonapartistes "trop" à droite, je reconsidérerais les monarchistes ou les partisans d'une quatrième dynastie. D'abord parce que les deux Napoléon ont accompli un coup d'Etat sans demander son avis au peuple et que cet avis ne lui a été demandé qu'après coup. Dans un sens il s'agit plus d'une validation que d'un appel au peuple, ce qui n'empêche pas que par la suite Napoléon III ait été plébiscité lors de référendums ultérieurs lors de son règne. Quant à la transmission du pouvoir qui dans un bonapartisme monarchique se ferait par héritage, on ne peut pas prendre pour exemple les cas passés car comme chaun sait les héritiers des deux empereurs sont morts jeunes et n'ont pu gouverner, alors que les deux empires n'ont pas survécu à leurs fondateurs et leurs défaites. Un bonapartisme tout à fait démocratique est une inconnue et une nouveauté. Certes Napoléon représentait le peuple, mais il gouvernait surtout en monarque absolu. Certes Napoléon III a pris soin du peuple autant qu'il l'a pu à son époque, mais c'est alors que le Second Empire passait d'un aspect autoritaire à un aspect plus libéral, à plus de responsabilité devant le parlement et de liberté pour les opposants, que les lézardes sont apparues. Les républicains étaient attentifs à ces failles qu'ils ont su exploiter jusqu'à Sedan, et ils étaient la vraie opposition au régime (si on excepte des cas comme Ollivier qui plutôt que républicain est devenu un bonapartiste modéré). Napoléon a favorisé la bourgeoisie par pragmatisme, et Napoléon III a plus gouverné avec les orléanistes que les républicains, même si sa politique italienne témoigne d'un grand écart difficile - et je n'ai pas besoin de rappeler que Louis-Napoléon Bonaparte a été élu président de la république grâce au parti de l'Ordre et face à la peur des rouges. N'oublions pas non plus la modernisation de l'économie, qui témoigne aussi d'un certain pragmatisme bien éloigné d'un socialisme radical. Je crois qu'il ne faut pas confondre Plonplon avec Napoléon III, même si je comprends que le premier suscite des vocations parmi la Montagne.

En ce qui concerne les liens qui peuvent exister entre le bonapartisme et l'extrême droite, je pense qu'il y a danger à croire que l'extrême droite, majoritairement représentée par le Front National en France, ait pour filiation essentielle le bonapartisme. Comme il est expliqué plus haut, on en reprend certains ingrédients, notamment un certain panache chez Le Pen, une mise en avant de l'amour national, de la volonté populaire. Mais le programme, loin d'être pragmatique et tourné vers l'action, relève d'une idéologie national-socialiste dont la filiation est un moment tristement célèbre de la France, filiation entretenue par les dérapages programmés par les dirigeants du Front National. Le culte du chef est alors plutôt d'essence vichyste que bonapartiste. La naissance du MPF est alors une étape importante dans la constitution d'une droite patriote et souverainiste, qui exalte le modèle républicain et les valeurs familiales, comme une économie à la fois libre et française, sans une idéologie de la peur et une xénophobie radicale. Les points de convergence de la droite souverainiste avec le bonapartisme sont réels, et si le MPF fait la part plus belle a une certaine morale, il veut pratiquer le référendum et écouter le peuple, lutter contre une Europe totalisante qui baffouerait l'identité nationale, se battre pour un rayonnement à la fois intérieur et extérieur de la francité. N'opposons donc pas nécessairement les patriotes pour certains points de divergence qui n'empêchent pas de mener des combats communs pour la survie de la France en tant que nation libre et pleinement elle-même.

 Lannes
 Messages postés : 1381
  Posté le 07/03/2006 21:41:06
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Citation :

Certes Napoléon représentait le peuple, mais il gouvernait surtout en monarque absolu.



C'est incontestable et passionnant. Cette concentration de pouvoir entre les mains de l'homme qui se confond totalement avec la Patrie qu'il dirige et qu'il transcende se justifie absolument par la personnalité plus qu'extraordinaire de Napoléon face à l'Europe coalisée contre la France. Je vois cela comme une instauration d'une sorte d'état d'urgence indispensable à la survie de la république française, phare du progrès de l'humanité.

 Lannes
 Messages postés : 1381
  Posté le 08/03/2006 21:28:27
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Citation :

je vois le bonapartisme comme une droite pragmatique et sociale à la fois


Citation :

Donc d'une certaine manière pour moi la logique n'est pas tant horizontale, sur l'axe gauche-droite, que verticale, comme s'il fallait que ce soit le mérite qui gouvernât.



Vous exprimez deux idées qui s’opposent et qui ne sont pas fausses. Toutefois la vie politique d’aujourd’hui se fait sur d’autres bases.
Sous le consulat ou sous l’Empire, le bonapartisme n’est pas encore défini en tant que tel, il n’y avait  pas d’alternative officielle sinon le roi ou l’ennemi, deux entités qui s’amalgamaient.
La période du second empire me semble beaucoup moins nette et assez contradictoire en raison de l’expansion du capitalisme, surtout financier, base de la révolution industrielle.
L’axe vertical me semble plus caractériser la période de Napoléon que celle de Louis.

 Mickaelus
 Messages postés : 848
 Si tout se vaut, plus rien ne vaut
 Mickaelus
  Posté le 09/03/2006 20:09:20
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Citation :

Je vois cela comme une instauration d'une sorte d'état d'urgence indispensable à la survie de la république française, phare du progrès de l'humanité.



Tout cela renvoie à l'éternel débat, éternel dans le sens où on n'en connaîtra jamais la réponse, qui consiste à se demander si le régime impérial aurait évolué ou pas, sous l'impulsion volontaire de l'Empereur. Dans le cas de Napoléon que vous évoquez ici, j'ai pour ma part tendance à penser qu'il avait réussi, à un moment privilégié de l'histoire, une synthèse très intéressante entre les idées monarchique et républicaine, institution impériale originale qu'il aurait sans doute tenté de conserver. Je ne suis pas sûr qu'une éventuelle sortie de l'état d'urgence aurait changé la vision des choses de l'Empereur. Evidemment on pourrait prendre en compte ses déclarations, voire ses justifications à Sainte-Hélène, mais on ne peut savoir ce qu'il aurait fait.

Sur mes deux idées qui s'opposeraient, disons que j'ai choisi une "droite pragmatique et sociale" sur l'axe horizontal en jaugeant le contenu politique global selon des valeurs qui me sont plus ou moins personnelles et donc plus ou moins subjectives - mais tout cela renvoie au contenu des idées que représentent la gauche et la droite, elles-mêmes historiques et donc évolutives dans le temps - et j'ai complété par une remarque sur la façon dont il me semble que Napoléon a pratiqué son pouvoir - au-dessus de tout, non soumis à une quelconque pression partisane et démocratique (je parle là du système électoral et de la "courtisanerie générale" que craignait Stendhal si la république devait advenir un jour, quoiqu'il la souhaitât ardemment...), c'est l'avantage de l'appareil monarchique. Vous avez aussi sans doute raison de distinguer les deux empires, qui sont vraiment très différents et qui rendent difficile une synthèse bonapartiste actuelle et sans appel. C'est pour cela que je dis toujours qu'à mes yeux, le plein accomplissement du bonapartisme ne peut être qu'un système impérial car l'Empereur n'est au-dessus des partis que s'il peut se dégager de la courtisanerie électorale.

 Lannes
 Messages postés : 1381
  Posté le 10/03/2006 23:15:01
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Citation :

j'ai pour ma part tendance à penser qu'il avait réussi, à un moment privilégié de l'histoire, une synthèse très intéressante entre les idées monarchique et républicaine, institution impériale originale qu'il aurait sans doute tenté de conserver.


On peut être certain qu'il n'eut pas remis en cause sa dignité d'empereur quelque fût la suite de l'histoire. Une chose tout de même semble incroyable, exemple sans pareil de patriotisme, c'est quand il proposait, après Waterloo, de continuer la guerre en tant que  général tout en renonçant au trône.

Citation :

C'est pour cela que je dis toujours qu'à mes yeux, le plein accomplissement du bonapartisme ne peut être qu'un système impérial car l'empereur n'est au-dessus des partis que s'il peut se dégager de la courtisanerie électorale.


J'aime à penser que Napoléon a essentiellement conçu son système monarchique de peur qu'après lui les Bourbon ou, pire encore, que l'anarchie ne se réinstalle dans le pays. En ce sens cette notion était la solution idoine pour ce temps.
Beaucoup estiment que ses mémoires n'étaient pour Lui qu'une manière de justifier "après coup" tous les aspects de son épopée, il n'en demeure pas moins que l'image d'une Europe unie sous l'impulsion d'une France libératrice dans le cadre des idées, nouvelles pour l'époque, de respect des peuples et des nationalités, est encore de nos jours tout à fait concevable. De Gaulle était-il si éloigné de cette conception des choses? Un empereur Français incarnant le progrès dans ce contexte  est, me semble-il, peut-être encore envisageable en théorie. Évidemment les susceptibilités en Europe ne manqueraient pas sinon de rendre la chose impossible, au moins de la rendre bien plus difficile. Une telle ambition ne pourrait se réaliser que grâce aux efforts titanesques d'une ou plusieurs personnalités hors du commun capables de mobiliser l'âme d'un continent tout entier.
Mais des hommes comme cela, pouvons nous en compter plus d'un par millénaire ?

.

 Thierry
 Messages postés : 49
  Posté le 01/04/2006 13:06:59
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Sur Wikipédia,nous sommes considérés comme d'extrême droite,je trouve cela stupide de nous classer ainsi,car nous nous situons dans aucun clivage gauche-droite.De plus ils classent également des partis royaliste dans les partis d'extrême droite,or je pense que le royalisme est royaliste,monarchiste,mais en aucun cas ne fait partie d'un clivage gauche-droite.

Concernant le bonapartisme,je pense que nous nous situons plutôt au centre,mais beaucoup voyent nos idées comme autoritaires,d'où cette classification à l'extrême droite.

 Gabriel Melaïmi
 Messages postés : 94
 "La mort n'est rien mais
vivre vaincu et sans gloire
c'est mourir tous les
jours" Napoléon Ier
 Gabriel Melaïmi
  Posté le 15/04/2006 20:14:57
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Mais les idées autoritaires sont-elles d'extrême-droite ? Le communisme n'est-il pas de gauche ?

Napoléon voulait avant tout servir la France. Pour lui, il fallait "supprimer les libertés pour sauver la Liberté".

Belle phrase, non ?

Unissons-nous pour empêcher le déclin de la France et faire barrage à ce qui le provoque : la Gauche !
 Mickaelus
 Messages postés : 848
 Si tout se vaut, plus rien ne vaut
 Mickaelus
  Posté le 16/04/2006 16:58:05
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Bien sûr, les idées autoritaires ne sont ni de droite ni de gauche, ces deux derniers termes n'étant pas toujours très opérationnels pour décrire la réalité de la vie politique - c'est surtout un outil propre à la vie démocratique, d'autant que ce bipartisme date essentiellement de la Révolution.

A propos de la liberté, il faut surtout s'entendre sur ce qu'on appelle liberté, le terme étant souvent galvaudé. Mais je vois ce que vous voulez dire - enfin votre citation - dans le contexte historique de la Révolution et de l'Empire. On dit toujours que la politique autoritaire de l'Empereur était pour lui temporaire, à la manière de ces dictateurs romains à qui on pouvait confier les pleins pouvoirs lors des seuls temps de danger. Je ne suis pas sûr pour autant qu'il aurait renoncé à l'Empire dans sa forme monarchique autoritaire, l'idée de "libéralisation" en 1815 étant dictée par les circonstances.

 Gabriel Melaïmi
 Messages postés : 94
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c'est mourir tous les
jours" Napoléon Ier
 Gabriel Melaïmi
  Posté le 17/04/2006 11:25:23
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Non, je ne le pense pas non plus. Cela était difficilement envisageable avec le tempéramment de Napoléon. Mais il uarait pû très bien dévier vers un Empire libéral, comme ç'a été le cas entre 1860 et 1870, pour Napoléon III...

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 Mickaelus
 Messages postés : 848
 Si tout se vaut, plus rien ne vaut
 Mickaelus
  Posté le 17/04/2006 12:30:28
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Oui justement, Napoléon et Napoléon III n'ont pas du tout le même tempérament, et puis le Second Empire intervient longtemps après. Je ne sais pas jusqu'où aurait été la "libéralisation" de ce dernier : à cause de la Prusse nous ne le saurons jamais.

 Gabriel Melaïmi
 Messages postés : 94
 "La mort n'est rien mais
vivre vaincu et sans gloire
c'est mourir tous les
jours" Napoléon Ier
 Gabriel Melaïmi
  Posté le 17/04/2006 18:48:47
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Que voulez-vous. Si en 1867, le Parlement avait accepté le projet de loi de réforme de l'armée, nous aurions eu deux fois plus de troupes, c'est-à-dire autant que les troupes des Etats allemands ; et nous aurions rénové notre armement.

Mais la Guache s'y est opposée. Parce qu'ell n'attendait que ça pour que l'Empire chute !

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 Mickaelus
 Messages postés : 848
 Si tout se vaut, plus rien ne vaut
 Mickaelus
  Posté le 17/04/2006 19:42:03
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Vous n'avez pas tort, toutes les libertés octroyées par Napoléon III ont été utilisées sans scrupules par les gens de gauche pour faire chuter le régime. La gauche c'est comme le vautour qui tournoie autour du mourant, en attendant le bon moment pour le dépecer - même chose avec notre gauche du moment et l'UMP, même si l'UMP ne mérite guère d'attristement.

 Reichstadt
 Messages postés : 269
  Posté le 17/04/2006 22:24:51
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Bonsoir, soyons pragmatique, un état qu'il soit autoritaire ou libéral au sens large ne dure jamais, y aurait il un principe des vases communicants? Les dominés aspirants  à etre dominants...etc


 Mickaelus
 Messages postés : 848
 Si tout se vaut, plus rien ne vaut
 Mickaelus
  Posté le 17/04/2006 22:47:55
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C'est surtout valable depuis la Révolution ! A moins de considérer que les "dominés" aient mis un sacré bout de temps à renverser ce qu'il y ait eu de plus stable en France, la monarchie.

 Reichstadt
 Messages postés : 269
  Posté le 18/04/2006 00:53:59
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Bonsoir Mickaelus, la monarchie porta différents vetements mais au moins un était toujours le meme celui qui relèguait la minorité la plus apte à la détroner : la noblesse quelle soit d'épée ou de robe.

Bien à vous.

 Mickaelus
 Messages postés : 848
 Si tout se vaut, plus rien ne vaut
 Mickaelus
  Posté le 18/04/2006 14:45:06
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Il n'empêche qu'en 1789 c'est la bourgeoisie qui a détrôné la noblesse, et nous vivons toujours sous cette ère. Je ne suis pas sûr que nous ayons gagné au change, en plus de l'instabilité permanente des institutions.

 Reichstadt
 Messages postés : 269
  Posté le 18/04/2006 16:13:45
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Et oui Mickaelus et pour cause, la noblesse de robe, un an avant, tenta une seconde fronde!
Quand on joue avec des allumettes...
Bien à vous.

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