Les complémentaires santé misent sur la maturité de leurs adhérents
Quand nous l'avions interviewé, Jean-Claude Seys1 avait déclaré "L'assurance maladie ne se réforme pas, il faut créer à côté". L'offre faite par sa mutuelle santé d'un contrat avec "bonus" où les assurés qui auraient peu utilisé leur mutuelle se verraient rembourser une partie de leur prime, a déclenché la fureur des non-pensants: rupture de la solidarité, risque de négliger des symptômes de maladies graves, sélection des assurés par l'argent….
Citation :
"Le nouveau système d'assurance maladie obligatoire inclut une clause obligatoire de no-claims.
Votre assureur vous rendra :
--- 225 € si vous n'avez demandé aucun remboursement dans l'année.
--- la différence entre vos dépenses et 225 € si vous avez dépensé moins de 225 €.
Plusieurs cas (suivi de grossesse par exemple) ne sont pas comptabilisés dans les dépenses.
Les assureurs peuvent également proposer plusieurs niveaux de franchise annuelle et adapter leurs tarifs en conséquence."
Cette loi est appliquée aux Pays-Bas, pays où même la droite au pouvoir est très sociale-démocrate.
Un système similaire est appliqué en Suisse. |
Ces dernières années, les diverses complémentaires santé se sont mises à offrir toute une palette de services: remboursement des médecines douces, prise en charge des enfants en cas de maladie des parents, remboursement des opérations de la myopie, primes à l'utilisation de matières grasses saines, remplacement de lunettes sans consultation médicale, centres d'appel conseils sur la santé, sur le coût et la qualité des soins...
L'offre de la MMA constitue un pas vers la responsabilisation des assurés qui vont se poser deux questions: est-ce que je dois vraiment consulter ? et si j'ai consulté : est-ce que je dois déclencher la lourde mécanique du remboursement s'il s'agit d'une dépense que je peux assumer ? Personne ne peut dire si ce sera efficace, mais ces offres tranchent sur l'inertie du monopole de la CNAM qui ne connaît que deux voies : "plus de prélèvements" et "moins de remboursements".
1. Président de MAAF Assurances MMA
Philippe François