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Forum Brumaire - L\'Appel au Peuple Administrateurs :Bureau National France Bonapartiste
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forum Index du forum forumOuvrages conseillés forumLa fin de l'eurolibéralisme

Auteur : Sujet: La fin de l'eurolibéralisme  Bas
 Bureau National France
Bonapartiste

 Administrateur
 Messages postés : 396
  Posté le 09/02/2006 13:34:15
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Titre  : La fin de l'eurolibéralisme
Auteur  : Jacques Sapir
Paru le  : 12/01/2006  
Editeur  : SEUIL  

En votant " non " le 29 mai, le peuple français a donné une gifle magistrale aux élites qui n'hésitèrent pas à manifester leur mépris pour une opinion populaire présumée vulgaire. De là à dire que ce vote n'exprime qu'un décalage entre l'élite informée et le peuple dépassé par un monde qu'il ne comprend plus, de là à croire que ce " non " ne débouche sur rien, car il n'y a pas d'alternative au " modèle " eurolibéral, il n'y a qu'un pas. Mais ce sont là deux faux pas que ce livre entreprend de corriger. Au-delà du " non " français, ce livre bref, décapant, savant et pourtant facile à lire, va aux fondements mêmes du décalage entre une élite eurolibérale et un peuple convaincu des méfaits du néolibéralisme. Jacques Sapir démonte tous les non-sens économiques sur lesquels repose le discours eurolibéral dominant. Dans une forme accessible, il explique comment la science économique réduit à néant le culte de la concurrence " libre et non faussée " sur lequel repose la construction européenne depuis vingt ans. Il présente les fondements d'un modèle alternatif pour l'Union européenne : l'économie mixte organisée plutôt que l'économie de marché dérégulée. C'est l'élite qui, en vérité, ne comprend rien au monde : elle a cessé de raisonner pour s'adonner à l'adoration sectaire de croyances économiques sans fondements. Le 29 mai, espérons-le, marque le commencement de la fin d'une illusion dangereuse : l'eurolibéralisme.

 Gisli
 Messages postés : 896
 Gisli
  Posté le 20/04/2006 14:01:02
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Juste pour info, 50% des libéraux français étaient contre le projet de traité constitutionnel.

Les Français ne sont pas nécessairement plus stupides que le reste du monde, c'est juste une hypothèse de travail assez fructueuse.

 Reichstadt
 Messages postés : 269
  Posté le 20/04/2006 14:21:15
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Bonjour Gisli, la directive Bolkestein doit bien vous satisfaire?

 Gisli
 Messages postés : 896
 Gisli
  Posté le 20/04/2006 14:26:54
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Telle qu'elle a été votée récemment ? Certainement pas. La directive "services", puisque tel est son nom, a perdu tout intérêt depuis que la Commission a baissé pavillon face à l'Elysée.

Les Français ne sont pas nécessairement plus stupides que le reste du monde, c'est juste une hypothèse de travail assez fructueuse.

 Reichstadt
 Messages postés : 269
  Posté le 20/04/2006 15:09:29
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C'est bon de rencontrer un privilégié du sytème mourant qu'est le néolibéralisme, bientot vous serez rétrogradé là ou vous le méritez!
Ca commence, doucement certe, mais ça commence...
Vous n'etes pas un patriote, je m'en doutais, j'en ai la preuve maintenant.

To be continued.
Bien à vous.

 Gisli
 Messages postés : 896
 Gisli
  Posté le 20/04/2006 15:20:52
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Qu'appelez-vous patriotisme ?

Il serait judicieux de commencer par poser la définition. Si par là vous entendez la défense de tout et n'importe quoi parce que c'est français, même si ça ne fonctionne pas, même si cela coûte mille fois trop cher, effectivement, je ne suis pas patriote.

Tant que j'y suis, "néolibéralisme", cela n'existe pas tout comme "ultralibéralisme".

Bien à vous.

--Message edité par Gisli le 2006-04-20 15:24:40--

Les Français ne sont pas nécessairement plus stupides que le reste du monde, c'est juste une hypothèse de travail assez fructueuse.

 Gabriel Melaïmi
 Messages postés : 94
 "La mort n'est rien mais
vivre vaincu et sans gloire
c'est mourir tous les
jours" Napoléon Ier
 Gabriel Melaïmi
  Posté le 20/04/2006 19:46:22
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J'étais pour la Constitution et pour la directive Bolkenstein ! Le monopole ne devrait pas exister !

Il faut arrêter de se regarder le nombril et regarder les choses en face, nous ne pourrons survivre que si nous nous réformons !

Unissons-nous pour empêcher le déclin de la France et faire barrage à ce qui le provoque : la Gauche !
 Mickaelus
 Messages postés : 848
 Si tout se vaut, plus rien ne vaut
 Mickaelus
  Posté le 20/04/2006 19:58:08
Send a private message to Mickaelus
Le patriotisme ça implique au minimum l'amour de la nation, ce qui rend très difficile l'envie de souscrire à la Constitution ou à la directive Frankenstein. Se réformer très bien, mais il n'y a pas qu'une façon de le faire, et surtout pas en bridant l'idée de nation. Au MPF nous voulons libérer les énergies à l'intérieur et lutter contre les excès de la mondialisation.

 Gisli
 Messages postés : 896
 Gisli
  Posté le 20/04/2006 20:13:09
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En ce qui me concerne, je suis pro-européen et fédéraliste convaincu de surcroît. Si je me suis opposé au projet de traité constitutionnel, c'est tout simplement parce qu'il ne garantissait aucunement la subsidiarité.

Les Français ne sont pas nécessairement plus stupides que le reste du monde, c'est juste une hypothèse de travail assez fructueuse.

 Lannes
 Messages postés : 1381
  Posté le 21/04/2006 05:31:31
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Je respecte votre amour de la liberté ce qui contribue à vous rendre bien sympathique. Mais on a pas toujours à l'esprit les conséquences de la permissivité. S'il on permet à "l'étranger" en l'occurrence nos voisins européens, de s'ingérer dans nos affaires nous perdons de par le fait toute liberté d'agir. La liberté ennemie de la liberté. On pourrait considérer les nations comme des individus s'ils peuvent s'associer dans un but précis, l'union faisant la force, on ne peut qu'applaudir. Par contre on peut pas se démunir volontairement de toute indépendance et devenir des majeurs "protégés" ou subir l'autorité d'un curateur alors que notre seule handicape aura été causé par les conséquences dans un instant de faiblesse d'avoir signé un parchemin européen. La Suisse qui en fait n'est q'une fédération reste la Suisse tout en accordant l'autonomie réclamée dans ses différents cantons, l'autorité se décentralise intelligemment et ne sort pas de ses frontières nationales.

--Message edité par lannes le 2006-04-21 05:41:56--

 Gisli
 Messages postés : 896
 Gisli
  Posté le 21/04/2006 08:18:46
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La Suisse est nettement moins homogène que vous ne le pensez. Savez-vous qu'il n'y a aucune harmonie fiscale au sein de la Confédération et que la compétition fiscale fait rage entre les cantons ? Sur ce sujet précis, je vous invite à visiter ce site helvétique: http://www.concurrencefiscale.ch/index.php

C'est parce qu'il y a eu une quête hystérique du moi, de la primauté de l'individu (pour reprendre les termes de Robespierre13)sur un hypothétique collectif qui transcenderait de soi-disant valeurs supérieures que le système politique helvétique est un des meilleurs qui soit en Europe avec une qualité de démocratie à laquelle on ne peut que rêver en France dès lors que l'on est amoureux de la liberté comme vous le faites remarquer.

Il y a également cette publication de l'Institut Constant de Rebecque, instructive à plus d'un titre: http://www.institutconstant.ch/docs/publications/IC-Etat-providence.pdf

--Message edité par gisli le 2006-04-21 11:29:27--

Les Français ne sont pas nécessairement plus stupides que le reste du monde, c'est juste une hypothèse de travail assez fructueuse.

 Gisli
 Messages postés : 896
 Gisli
  Posté le 22/04/2006 19:27:09
Send a private message to Gisli
Toujours sur le sujet de la compétition fiscale, la contribution de Victoria Curzon-Price, professeur à l’Université de Genève et directrice de l'Institut Constant de Rebecque, lors de la 26ème université d'été de La Nouvelle Economie:

Citation :

Le problème de l’harmonisation fiscale



La Commission européenne a suivi l’OCDE sur la notion de « concurrence fiscale dommageable » qui se caractérise selon elle par le déplacement des activités économiques mobiles pour des raisons purement fiscales. Pour prévenir cela, elle préconise d’harmoniser les impôts.

Dans un premier temps la Commission a évoqué un aspect de la concurrence fiscale dommageable qui concernerait la discrimination opérée dans certains pays à l’égard des investissements étrangers. La Commission ne se contente pas de dénoncer les pratiques fiscales anti-concurrentielles de certains pays qui veulent attirer des capitaux étrangers en leur offrant subventions et exemptions. Ces pratiques sont traditionnellement interdites par les traités internationaux. En réalité, elle lance une attaque contre les niveaux de fiscalité différents qui existent au sein de l’Union et qui provoquent, de son point de vue, des déplacements de ressources mobiles indus. Que penser de cela ? Il y a plusieurs arguments qui peuvent aller à l’encontre de la position de la Commission.



Harmonisation anti-démocratique

Ce premier argument met l’accent sur le fait que pour les pays membres de l’Union, il reste très peu de zones de décisions locales. La politique extérieure commerciale est depuis longtemps une affaire commune gérée par Bruxelles. Les Etats ont abandonné leur souveraineté au titre du tarif extérieur commun, et de tout ce qui régit les relations de l’Europe avec l’extérieur.

L’Europe a encore éliminé les politiques industrielles des Etats membres, considérées comme une forme de subvention et donc une distorsion de la concurrence. Elle a remplacé cela par une politique industrielle au niveau de l’Europe, politique qui caractérise un autre abandon de décision.

Les Etats membres, progressivement, ont aussi abandonné leur droit de réglementation autonome sur la sécurité, la fonctionnalité des choses, la protection de l’environnement. Tout se fait au niveau Européen. Ce n’est plus une affaire nationale.

Que reste-t-il ? Au plan monétaire ? C’est à Frankfurt que sont renvoyées les décisions pour les pays membres de l’Euro. Au plan budgétaire ? Des débats subsistent : les Etats ont-ils vraiment abandonné leur droit aux déficits publics ? Que reste-il ? La fiscalité ? En effet, chaque pays membre reste souverain pour déterminer comment l’impôt sera levé. Jusqu’à présent, le verrou de la décision à l’unanimité au sein du Conseil des ministres n’a pas encore sauté. Il sauterait avec la convention de V. Giscard d’Estaing. C’est donc une sorte de dernier bastion de la démocratie locale, le reste ayant été avalé par l’Europe qui, de son aveu même, est caractérisé par un déficit démocratique. Le citoyen a perdu tout contrôle sur ce processus. Il ne reste que le problème fiscal. La Commission veut le régler.



Harmonisation inefficace

Ce qui distingue un pays riche d’un pays pauvre c’est une productivité élevée et ce parce que les institutions sont favorables à l’innovation, à l’action individuelle. Les individus qui composent cette société ont des revenus et sont propriétaires de toutes les ressources (travail, terre, capital). En abondant dans le sens de l’interprétation politique de l’Etat, ce dernier va maximiser son revenu à partir de ce revenu global. Maintenant, considérons un pays moins productif.

Partant de l’idée qu’il faut harmoniser la fiscalité entre ces deux pays, un processus de rattrapage va être mis en place. L’explication des taux de croissance rapides enregistrés par une série de pays est une question de rattrapage par rapport aux leaders. Aussi, après la seconde guerre mondiale, les pays européens avaient pour leader les Etats-Unis. Mais une des raisons pour laquelle le rattrapage est tellement rapide dans le monde entier réside dans le fait que des ressources transitent sous forme de capitaux, d’idées, de personnes et arrivent ainsi à augmenter la productivité. Ce système tire son attrait de ce que les impôts sont moins élevés dans les pays en voie de développement que dans les pays développés, ce qui explique la mondialisation à travers le mouvement des ressources.

L’Etat n’a pas encore pris la véritable ampleur des Etats développés. Si l’on envisage une harmonisation fiscale, avec la moitié des ressources passant à l’Etat, l’un des grands moteurs du processus de croissance par rattrapage est éliminé. C’est bien pour cela que les pays d’Europe centrale, y compris la Russie, tiennent fermement à leur indépendance fiscale. C’est l’une des armes importantes dont ils disposent pour attirer vers eux les ressources qui permettront ce rattrapage rapide.

La même chose existe au sein de l’Europe. Certains pays tels l’Irlande se sont vus instamment priés de relever leur taux d’imposition sur les sociétés. Ce que l’Irlande n’a pas fait pour l’instant. A l’inverse, elle a baissé le taux d’imposition des entreprises Irlandaises au niveau de celui des entreprises étrangères résidant sur leur sol. Ainsi n’y a t-il plus de discrimination. Bien que cette mesure respecte le Traité de Rome, elle semble déranger deux grands pays, la France et l’Allemagne, qui tentent actuellement de maximiser leurs recettes.

En conclusion, l’harmonisation est inefficace puisqu’elle empêche la transmission de la croissance des pays aujourd’hui riches vers des pays qui le deviendront demain. L’harmonisation signifie l’unité tandis que le processus de recherche de bonnes solutions mène à une grande diversité. Dès lors, il n’y a pas une solution mais plusieurs solutions valables, mises en évidence par le processus de concurrence. L’exemple de la Suisse en donne une bonne illustration.



L’exemple de la Suisse

Il n’y a pas d’harmonisation fiscale en Suisse. Au contraire, c’est un patchwork de 26+1 juridictions fiscales. Après 150 ans de fédéralisme moderne, ce petit pays a connu un siècle et demi de concurrence fiscale. Cela n’a pas mené à une uniformité fiscale. Au contraire, il y a là une très grande diversité. Pour exemple, considérons le canton de Zug dont l’impôt marginal sur le revenu est de 23% contre 48% à Genève. Comment l’expliquer ? Tout simplement, il semble qu’il y ait des compensations à Genève. Ce qui tend à prouver que chaque canton peut arranger sa fiscalité de façon multiple pour trouver son équilibre. Ainsi peut-on dire que la fiscalité de chaque canton reflète vraiment les désirs de la population suisse qui a le droit d’initiative, le droit de référendum c’est à dire de rejeter ou d’accepter des propositions. Pour illustration, le 18 mai dernier, les Genevois étaient invités à se prononcer sur une initiative qui s’appelait « Contribution Solidarité ». Selon cette proposition, si le taux de chômage dépassait 2%, il faudrait d’une part imposer davantage les entreprises réalisant plus de 1 million de francs suisses de bénéfice par an et d’autre part imposer les personnes dont la fortune s’élève à 1,5 million de francs suisses. Proposition compliquée. D’ailleurs on dit toujours que les citoyens sont incapables de saisir la complexité des propositions qui leur sont faites. Il ne faudrait donc pas donner au citoyen le droit de décider en la matière. Le 18 mai, les Genevois, dont la municipalité est communiste, ont refusé à 60% cette proposition.

Finalement, les systèmes fiscaux qui existent en Suisse dans les 26 cantons, et même au niveau de la Confédération, sont décidés par la population. Il s’en suit que tout autre système, en l’occurrence l’harmonisation, serait foncièrement antidémocratique. En conclusion, l’harmonisation fiscale est antidémocratique, anti-concurrentielle et inefficace. Le cas de la Suisse montre que la concurrence fiscale ne mène ni aux taxations zéro, ni à l’uniformité, ni même à une baisse du niveau des services publics, mais bien à la diversité. Les citoyens semblent donc mieux servis par un système qui permet la concurrence fiscale.



En lisant les journaux, on s’aperçoit que beaucoup de gens pensent que la propsérité d’une région ce fait au détriment d’une autre région, que la croissance est ici parce qu’elle n’est pas . En conséquence, les pays adoptant une politique favorable à l’économie se voient accusés d’être la cause de la pauvreté des perdants. Les plus collectivistes utilisent le terme de "déloyal", afin de déplacer le débat dans le domaine éthique.

Seulement, comme souvent, la réalité ne s’embarasse pas de systèmes de vases communicants ou de déloyauté. Le fait est que les régimes socialistes et leurs fiscalités élevées détruisent la richesse. Les états hypertrophiés sont des déserts économiques où rien ne croît. Ce n’est pas parce qu’une entreprise est prospère ici qu’elle aurait été prospère ailleurs. L’harmonisation fiscale n’aura pas pour effet de répartir la richesse et la croissance, mais elle répartira à coup sûr la pauvreté.

Car nous ne parlons précisément pas de vases communicants, mais de climats tempérés et de déserts. Les forêts et les prairies des climats tempérés ne poussent pas parce que quelqu’un est déloyal vis-à-vis des pays désertiques. Elles y poussent parce que le climat leur est favorable, et chaque épi de blé en France n’est pas un épi de blé volé au Sahara. Le blé pousse partout où le climat lui est favorable, et la morale n’a rien à voir là-dedans. C’est ainsi que plus on "harmonisera" (vers le haut, forcément) la fiscalité, plus le désert avancera, et moins il y aura de verdure.

Les Français ne sont pas nécessairement plus stupides que le reste du monde, c'est juste une hypothèse de travail assez fructueuse.


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