Lannes Messages postés : 1381 |
Posté le 26/11/2005 02:14:26 | | On se représente le monde, vu de l'espace, on zoom malgré soi sur l'Occident, l'Europe, l'Ile de France, bien après avoir survolé quelques capitales, plané longuement sur l’Asie, le Moyen Orient, rebondi sur les Andes non sans admirer l’immense Afrique, l’Australie, les autres îles si nombreuses ici ou ailleurs.
On a parcouru tous les temps dans un même voyage, on vit les gens si différents, si semblables. Comme revenant de la mort, les yeux effarés, bouche bée on dévore les images comme dévalent les torrents. Voyageur indiscret pour les amoureux imprudents, on vit aussi tous les malades, les blessés gémissants ou les jeux des enfants. C’est la vision d’un dieu ou des dieux impuissants ou celle de tous les morts curieusement indulgents. On observe ces multitudes de grands navires, alourdis de marchandises, fabriquées dans un sens, cueillies dans un autres,ou par ces gens amassés qui s’enfuient vers des climats bien froids tandis que tournoient les jets de voyageurs aveuglés. Depuis ces milliers de millénaires, les femmes et chantent et pleurent ou rient de leurs mêmes hommes tantôt pleins d’un courage bienfaisant, tantôt vainement,cruellement virils. Des millions de câbles crépitent continuellement, nerveusement quand les ondes jaillissent des mille coins du monde. On s’en retournerait bien vers les fonds de l’univers glacé si ce monde grisonnant ne nous attirait tels ces corps profondément immergés qui remontent respirer. Le mouvement du monde se fait en s’approchant de plus en plus musical et rythmé, tout agités de danses sous les chants colorés de toutes mélodies. L’œil face à ce spectacle incompréhensible voudrait l’organiser et la main se retient de tout remodeler ; la peur de tout gâcher, l’homme, sa solitaire liberté et sa terrible volonté de vivre .
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