Thibault Messages postés : 74 |
Posté le 12/10/2006 19:42:07 | | Citation : Et si Jacques Chirac …?
Certains le craignent, d'autres l'espèrent, tout le monde y pense. Et si Jacques Chirac se représentait pour un troisième mandat ? Marianne2007.info a voulu en savoir plus.
L'affiche de campagne présidentielle de Jacques Chirac en 2002 On lui pose la question sans arrêt : Jacques Chirac pense-t-il à se re-présenter ? Le 29 septembre dernier, interviewé par RFI et TV5, le chef de l'Etat laisse encore planer le doute : « Ce sont des questions auxquelles il sera répondu en temps voulu. » Un laconisme qui nourrit les prospectives et attise le suspense.
Crédité de 1% des intentions de vote dans un sondage Ifop de décembre 2005, le président pourrait-il sérieusement penser à briguer un troisième mandat ? A l'époque, Hervé Morin, président du groupe UDF à l'Assemblée, s'empresse de tirer sur l'ambulance : « Personne n'aspire à ce que le président soit candidat une troisième fois. Ca, c'est clair », affirme-t-il au Nouvels Obs. Ils sont nombreux ceux qui, comme lui, veulent croire à une « fin de règne » définitive, une « rupture » qui rangerait docilement Jacques Chirac au placard du Conseil constitutionnel. Et pourtant…
Laisser une trace
Pourtant, sa cote remonte peu à peu dans les sondages et, surtout, les raisons d'une troisième candidature ne manquent pas : « Tous les matins en se rasant, il doit se couper à l'idée que Sarkozy devienne président de la République », assure Patrick Rotman, qui vient de réaliser deux documentaires sur le chef de l'Etat pour France 2. Thierry Desjardin, biographe et proche du président, confirme que l'idée fait son chemin depuis longtemps. « Il a trop conscience de laisser une mauvaise image. Il m'a dit une fois : « Giscard a fait l'IVG, Mitterrand a aboli la peine de mort. Moi, j'ai supprimé le service militaire. Ca fait plaisir à 300 000 jeunes hommes chaque année, mais personne ne s'en souvient. » A l'heure où les essais sur ses « affaires» s'étalent à loisir sur les rayonnages des librairies, Jacques Chirac aimerait bien redorer son blason et s'assurer – enfin - un paragraphe élogieux dans les livres d'Histoire. Problème : si la motivation ne fait pas défaut, les conditions d'une réélection ne sont pas tout à fait réunies. Mais de là à dire que le candidat Chirac n'a aucune chance, il y a un pas à ne pas franchir.
Ce qu'il faudrait, c'est une bonne guerre
Car si Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express, estime qu'il faudrait « au moins une guerre mondiale », Eric Zemmour, lui, pense qu'une simple « crise internationale » suffirait à lui donner ses chances. « Si les Etats-Unis déclarent la guerre à l'Iran par exemple, Sarkozy va se retrouver en freluquet excité qui fera le Mickey avec George Bush, et Chirac va se poser en vieux sage, garant de l'indépendance française. La gauche le suivra, comme elle l'a toujours fait. Il se retrouve encore contre Le Pen au 2eme tour : il est sûr de gagner. » Un plan sans accroc. Si la guerre se déclare bien cet hiver…
Un retour de karcher
Antoine Glaser, spécialiste des relations internationales et rédacteur en chef de la très informée Lettre du Continent y croit peu. « Bush a trop de problèmes de politique intérieure avec l'Irak.» En revanche, il n'exclut pas, lui non plus, un retour en campagne du président : «l'autre hypothèse, c'est une crise nationale majeure, comme ce qu'on a vécu l'an dernier avec les émeutes en banlieues. Si ça se reproduit cette année, Sarkozy apparaîtra comme directement responsable. On se souviendra de ses bons mots sur la délinquance et les racailles.» Le calcul est basique : si Sarkozy baisse, Chirac peut remonter. Patrick Rotman insiste : « n'importe quel scandale ou événement qui provoque l'éclatement de la bulle d'opinons favorables à Sarkozy est le préalable à la candidature de Chirac. » C'est cher payé, mais on a presque envie d'y croire. Mais si aucun bouleversement dramatique n'intervient, serait-il quand même capable « d'y aller » ?
Ira pas…ira
Une chose est sûre : il en meurt d'envie. Tous ceux qui le connaissent en sont persuadés : la psychologie de cet animal politique s'accorde mal avec la retraite. « Je ne le vois pas terminer sa carrière à faire du point de croix au château de Bity avec Bernadette, confie Thierry Desjardin. Quand il regardait Giscard, on comprenait à ses grimaces que l'idée d'être un « ex-président » le répugnait. » A bientôt 76 ans, cet hyperactif ne supporte toujours pas de rester loin des affaires, fut-ce une petite heure le dimanche soir. Et après tout, De Gaulle s'est bien présenté à 72 ans en 1969, et Mitterrand à 73 ans en 1988. Les sondages, surtout s'ils sont au plus bas ne suffiront pas à le brider, bien au contraire : « En 67 en Corrèze, il n'avait aucune chance, en 77 à la mairie de Paris, non plus, et fin 94, les sondages le créditaient de 14%, mais la campagne, le challenge, c'est ça qui l'excite justement ! » En fait, cette candidature qui peut paraître fantasque au premier abord est à prendre très au sérieux. Alors : à quand la réponse de l'intéressé ? «N'oubliez pas que son modèle, c'est Mitterrand, rappelle Eric Zemmour. Et qu'en 1988, Mitterrand ne s'est déclaré qu'en mars… »
Vendredi 06 Octobre 2006
Anna Borrel |
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