robespierre13 Messages postés : 694  |
Posté le 17/02/2007 13:21:44 | | Serait-ce une bouffée de "politiquement correct" à la sauce pékinoise ? Alors que la Chine s'apprête, dimanche 18 février, à fêter son entrée dans l'année du cochon, la télévision d'Etat a été priée de s'abstenir de toute représentation de l'animal dans ses publicités. Motif : ne pas choquer la sensibilité des quelque 20 millions de musulmans vivant en République populaire.
Les conséquences de cette réglementation ont été immédiates pour des annonceurs d'importance. Un porte-parole de Coca-Cola, cité récemment par l'édition asiatique du Wall Street Journal a indiqué que la firme avait préparé deux publicités animalières différentes, l'une représentant un panda, l'autre un cochon. Le panda l'a emporté. Chez Nestlé, l'on a pris des dispositions semblables même si cette nouvelle année qui commence, placée sous le signe du "cochon d'or" est considérée comme de bon augure et signe de prospérité : on s'attend à un baby boom en 2008, de nombreux parents souhaitant la naissance d'enfants durant cette année faste.
Les relations entre la majorité han et la minorité musulmane ne sont pas toujours des plus cordiales. Sur le plan politique, les derniers sursauts d'un mouvement indépendantiste de l'éthnie turcophone des Ouïgours, dans la lointaine province occidentale du Xinjiang, continuent à être réprimés avec une violence sans pareille par le régime pékinois qui fait régner là-bas un climat de terreur.
Socialement, les sentiments de la majorité han à l'égard des musulmans, notamment les membres de la communauté hui, qui est, elle, de langue chinoise mais descend de commerçants arabes ou persans arrivés dans l'empire du Milieu durant la dynastie des Tang (618-907), restent parfois mitigés. Si les Huis, au nombre de 9,8 millions, représentent à la fois la communauté musulmane la plus nombreuse et la mieux assimilée, il leur arrive d'être moqués ou méprisés, notamment en raison de leurs interdictions alimentaires.
Parfois, des incidents graves éclatent. En 2000, dans la province du Shandong, la police avait tué 5 Huis lors d'une explosion de colère de leur communauté après que des provocateurs eurent installé à l'étal d'une boucherie cette pancarte annonçant : "Ici, on vend du porc musulman".
"QUELLE ABSURDITÉ !"
L'interdiction du porc à la télévision provoque déjà certains remous sur l'Internet. Comme ce commentaire du journaliste Ren Dareng sur son blog, estimant que l'interdiction de représenter des images de cochon "discrimine les Chinois non musulmans pour lesquels la nouvelle année est une fête très populaire". Sur le forum des avocats chinois, Wang Youliang va même jusqu'à déclarer "anticonstitutionnelle" cette mesure. Et d'autres internautes de remarquer que "l'année du cochon est fêtée en Chine depuis des siècles, bien avant que l'islam s'y développe".
Chez les musulmans, le degré d'appréciation de cette interdiction dépend du niveau culturel des intéressés : "Empêcher le cochon à la télé, quelle absurdité !", s'esclaffe une jeune musulmane qui a étudié en France et n'était pas du tout au courant de cette réglementation. "C'est très bien ! Ça prouve que le gouvernement entend protéger les minorités", se félicite un chauffeur de taxi hui.
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